Surentraînement : quand la fatigue devient un frein à la performance, le corps envoie toujours des alertes qu’il faut savoir reconnaître.
Alors que la discipline explose sur la scène grand public, la compétition HYROX ® est un format exigeant. Mêlant course à pied et exercices fonctionnels intenses, cela peut rapidement conduire à une dérive moins visible : le surentraînement.
Souvent associé aux athlètes de haut niveau, ce phénomène touche en réalité de nombreux pratiquants amateurs. Ces derniers doivent jongler entre des séances éprouvantes, leurs obligations professionnelles, le stress du quotidien et un temps de récupération souvent insuffisant.
Qu’est-ce que le surentraînement, exactement ?
Le surentraînement ne se résume pas à un simple état de fatigue. Il se décline en trois niveaux de surcharge, qui diffèrent par leur intensité et leurs conséquences sur l’organisme.
Le premier, appelé surmenage fonctionnel, correspond à une phase de fatigue volontaire et temporaire. Bien gérée, elle s’accompagne d’une surcompensation après le repos, menant à une amélioration des performances.
Le second niveau, le surmenage non fonctionnel, se manifeste lorsque la fatigue devient trop importante pour permettre une récupération complète. Les athlètes constatent alors une stagnation, voire une baisse de performance, malgré leurs efforts.
Enfin, le syndrome de surentraînement (OTS) représente la forme la plus sévère. Cet état chronique peut durer plusieurs mois et se traduit par une altération durable de la performance et de la santé, nécessitant souvent un arrêt prolongé de l’activité sportive.
Pourquoi l’HYROX ® s’expose particulièrement au surentraînement
L’HYROX ® est une discipline particulièrement exigeante, car elle combine plusieurs paramètres connus pour favoriser le surentraînement. Son format repose sur une charge d’entraînement “mixte”, mêlant travail de force, endurance et conditionnement, ce qui sollicite simultanément plusieurs filières énergétiques. Les athlètes enchaînent des séances à haute intensité sans réelle place pour des entraînements de récupération, ce qui augmente la fatigue globale.
À cela s’ajoute un volume de course élevé exécuté sous fatigue musculaire, typique du format HYROX ®, qui met le corps à rude épreuve. La récupération entre les blocs d’entraînement est souvent insuffisante, faute de temps ou de planification adaptée. Enfin, le stress extra-sportif, qu’il soit lié au travail, au manque de sommeil ou à une alimentation déséquilibrée, accentue encore le risque, créant un terrain propice au surmenage physique et mental.
Les signes d’alerte du surentraînement chez les athlètes HYROX ®
Le surentraînement se traduit d’abord par une baisse de performance inexpliquée : allures plus lentes, charges lourdes, impression de ne jamais être en forme.
S’ajoute une fatigue persistante, même après plusieurs jours de repos. Les jambes restent lourdes, la “batterie vide” , typique du surmenage non fonctionnel.
Une fréquence cardiaque anormale peut aussi indiquer un déséquilibre : trop élevée à faible intensité, ou au contraire trop basse avec de mauvaises sensations.
Le sommeil est souvent le premier touché : endormissement difficile, réveils nocturnes, sommeil non récupérateur.
Les signaux psychologiques ne trompent pas : irritabilité, perte de motivation, anxiété à l’entraînement, désengagement progressif. Ce ne sont pas des signes de faiblesse, mais des alertes physiologiques.
Enfin, attention aux douleurs récurrentes et blessures à répétition (tendinites, lombalgies, genoux ou hanches douloureuses). Les études sur le CrossFit ® et le HIIT montrent que la fatigue accumulée précède fréquemment la blessure.
L’HYROX ® n’est pas une épreuve de force brute. C’est une discipline d’équilibre, où la gestion de la charge, l’intelligence d’entraînement et la récupération jouent un rôle clé.




